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 ENQUÊTE /QUE CHOISIR

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 24 Avr - 19:14

ENQUÊTE
Perturbateurs endocriniens

Notre santé en danger

Publié le : 20/04/2017 
Omniprésents dans notre vie quotidienne, susceptibles de favoriser de nombreuses pathologies, les perturbateurs endocriniens sont des substances au comportement très particulier. Un véritable défi pour les scientifiques qui tentent de cerner leurs effets, afin de protéger notre santé.

Jamais un terme scientifique ne se sera invité avec autant d’insistance dans une campagne électorale. Depuis qu’elle a débuté, Benoît Hamon n’a pas manqué une occasion de rappeler qu’il promettait, s’il était élu président, « d’inter­dire les perturbateurs endocriniens ». Un terme devenu familier depuis la mise en cause du bisphénol A (BPA) et son interdiction dans les biberons en 2010. Mais cette substance ne constitue qu’un exemple parmi des dizaines et peut-être des centaines de composés capables d’interagir avec notre système hormonal. En laboratoire, les chercheurs ont mis en évidence des propriétés de perturbation endocrinienne dans plusieurs familles de produits chimiques auxquels nous sommes quotidiennement exposés via l’alimentation, la pollution de l’air intérieur ou extérieur et le passage transcutané (voir notre infographie). Résultat : en 2011, lorsque Santé publique France a étudié l’imprégnation des femmes enceintes à divers perturbateurs endocriniens (PE), toutes présentaient, dans leur sang ou leurs urines, des taux mesurables de phtalates, pesticides, dioxines et retardateurs de flamme, et le BPA était présent chez les trois quarts d’entre elles. Sans qu’on puisse en tirer de conclusions précises sur leur santé ou celle de leurs bébés, ces résultats reflètent clairement l’omniprésence des PE. Encore est-on loin de les avoir tous recensés : des soupçons pèsent sur plus d’un millier des quelque 143 000 produits chimiques utilisés par l’industrie. Parallèlement, de nombreuses pathologies dont l’apparition peut être favorisée par l’exposition aux PE sont en augmentation. Cancer du sein chez la femme jeune, du testicule chez l’homme jeune, malformations génitales chez le petit garçon, troubles neurocomportementaux chez l’enfant, obésité et diabète : autant de cas dans lesquels un lien avec les PE a pu être évoqué. Mais, en réalité, il ne s’agit pour l’instant que de suppositions.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 24 Avr - 19:18

DES SIGNAUX QUI INTERPELLENT

« Il faut se garder des extrapolations parfois simplistes et s’en tenir aux faits, met en garde Bernard Jégou, directeur de recherches à l’Inserm (Institut natio­nal de la santé et de la recherche médicale) et à l’École des hautes études en santé publique, l’un des premiers scientifiques à s’être intéressé aux PE. Voir les perturbateurs endocriniens derrière toutes les pathologies, même quand les données ne sont que partielles, voire incertaines, donne des arguments aux négationnistes, qui voudraient faire croire qu’il n’y a aucun problème. Cela dit, certaines constatations nous mettent en alerte, par exemple, le fait que dans certaines régions du monde, on observe à la fois une baisse de la qualité du sperme et une augmentation des malformations génitales à la naissance et des cancers du testicule. On soupçonne un lien de l’ensemble avec une exposition in utero. »
Établir un lien entre des pathologies constatées au sein des populations et les PE est une véritable gageure. D’abord parce qu’elles sont toujours mul­ti­factorielles : outre l’aspect génétique, nous sommes exposés à tout un panel de polluants, PE ou non, sans compter les facteurs liés au mode de vie (équilibre alimentaire, exercice physique, stress, etc.). Comment déterminer de façon certaine, lorsqu’une pathologie se déclare, à quel(s) facteur(s) elle est due ? Mais cette limitation générale se double dans le cas de PE de leurs particularités qui en font de véritables casse-tête pour les scientifiques.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 24 Avr - 19:18

LES SCIENTIFIQUES FACE À L’IMPRÉVISIBLE

Primo, dans bien des cas, de très faibles doses suffisent à provoquer des effets visibles en laboratoire. Cela se vérifie, par exemple, pour le bisphénol A ou les phtalates. « Par définition, les hormones sont des substances qui peuvent agir à très faible concentration, explique Catherine Viguié, directrice de l’équipe « gestation et perturbation endocrinienne » à l’unité Toxalim de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). C’est la même chose pour les PE. On voit des effets à des doses de l’ordre du nanogramme [un millième de microgramme, ndlr] par millilitre de sang. » Même si on interdit telle substance dans les produits alimentaires par exemple, les quantités infimes migrant depuis l’emballage peuvent suffire à poser problème. Pour corser l’exercice, certains PE se comportent de façon tout à fait extravagante aux yeux d’un toxicologue. « Jusqu’à présent, toute la toxicologie était basée sur le principe de Paracelse : c’est la dose qui fait le poison, rappelle Catherine Viguié. Le problème, avec les perturbateurs endocriniens, c’est que cela ne se vérifie pas. Parfois, la substance sera plus toxique à une certaine concentration qu’à une concentration plus forte. » Le bisphénol A est un des spécialistes de ces réponses erratiques, ce qui fait dire à un toxicologue aguerri qu’il n’a « jamais rencontré une substance aussi ch… » et nous conduit à conclure que l’Union européenne ferait mieux d’interdire un composé aussi imprévisible. « Sur les cellules de cancer du testicule, nous avons mis en lumière un effet antiprolifératif du BPA à forte dose mais prolifératif à faible dose, appuie Patrick Fénichel, gynécologue et endocrinologue au CHU de Nice et chercheur à l’Inserm. Au niveau du nanogramme par millilitre de sang, il stimule les cellules cancéreuses dans le testicule. Or c’est à ce taux que nous l’avons retrouvé dans le sang de cordon des nouveau-nés. » Cette particularité des PE constitue un véritable défi pour qui cherche à fournir une base scientifique au législateur. « Quand on évalue une molécule, on ne sait pas si un virage va se produire et où. Il faut tester un très grand nombre de doses, cela complexifie énormément l’évaluation », soupire Catherine Viguié.
Troisième difficulté, l’effet cocktail possible. Dans un mélange de PE, ce à quoi nous pouvons en pratique être exposés, les effets de chacun peuvent s’additionner (ce n’est pas propre à ces composés), mais aussi agir en synergie. Le mécanisme a été démontré in vitro : deux PE très faiblement actifs par eux-mêmes ont « coopéré » pour activer un récepteur, si bien que la toxicité du mélange était beaucoup plus forte que l’addition des deux. Aujourd’hui, des chercheurs travaillent à démontrer cet effet sur l’homme. Or, la réglementation encadre le plus souvent composé par composé, comme s’ils n’étaient pas susceptibles d’interagir.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 24 Avr - 19:19

TOUS LES CONCEPTS SONT À REMETTRE À PLAT

Last but not least, nous ne sommes pas également sensibles aux PE à toutes les périodes de la vie. « C’est in utero, lorsque se développent tous les organes, qu’ils sont le plus susceptibles d’effets délétères. On a beaucoup de données là-dessus », constate Robert Barouki, médecin et directeur de recherche en toxicologie à l’Inserm. Car, contrairement à l’âge adulte où les hormones ont un effet transitoire, chez le fœtus et le nouveau-né, elles ont une fonction de programmation de l’organisme. Une interférence peut donc produire des dégâts irréversibles, d’où l’importance pour les femmes enceintes d’être vigilantes. Ensuite, pendant toute l’enfance, se poursuit le développement du système nerveux. Puis la puberté – incluant la prépuberté qui commence avant 10 ans chez les filles – est une période particulièrement vulnérable pour le dé­veloppement du système reproducteur. Conséquence : « Si une étude n’a pas couvert une période critique, on peut passer à côté d’un effet toxique, met en garde le scientifique. Lorsqu’on étudie le rapport entre exposition à la dioxine et cancer du sein, on ne trouve rien tous âges confondus, mais une association forte chez les filles exposées avant 14 ans. » Une difficulté supplémentaire pour les chercheurs, qui doivent tenir compte de cette importance de la fenêtre d’exposition. « Nous avons besoin de remettre à plat tous les concepts admis jusque-là en toxicologie pour établir la manière la plus pertinente de gérer les perturbateurs endocriniens », résume Robert Barouki. Il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche pour les scientifiques. Mais, comme le soulignait le Parlement européen en 2013, le fait que les connaissances soient encore fragmentaires ne doit pas faire obstacle à des mesures de protection sanitaire pour éviter des conséquences potentiellement graves pour la santé humaine et l’environnement.
Lire aussi

  • Résultats de notre test portant sur la recherche de BPA et d’autres bisphénols dans des conserves et des canettes

  • Décryptage de la législation européenne sur les perturbateurs endocriniens

  • Nos conseils pour se prémunir des perturbateurs endocriniens

  • Notre décryptage pour repérer les perturbateurs endocriniens dans les objets du quotidien

  • Notre infographie sur les effets possibles sur l'organisme

  • Notre décryptage sur les effets toxiques des perturbateurs endocriniens


Fabienne Maleysson

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 8 Mai - 14:09


En mars dernier, un article du New York Times mettait en exergue le déclin des villes de province françaises. Prenant l’exemple d’Albi, le journaliste américain brossait un portrait au vitriol de la cité épiscopale, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité, avec ses vieilles bâtisses à l’abandon, ses devantures closes, où seules subsistent les boutiques pour touristes et les grandes chaînes de l’habillement. Ce pavé dans la mare a immédiatement suscité l’indignation de la municipalité et d’une association de commerçants, qui ont contesté vigoureusement cette vision catastrophiste. Il est vrai que la préfecture du Tarn n’est sans doute pas la ville française la plus touchée par la déliquescence de ses commerces. Toutefois, la polémique, relayée par les médias, aura eu le mérite de pointer un problème réel. Il suffit de sortir des autoroutes et de traverser petites villes et villages de France pour constater la disparition de nombreux commerces : difficile, aujourd’hui, d’y trouver un café, une épicerie ou une boulangerie. Quant aux villes moyennes, elles présentent toutes la même physionomie avec leurs rocades de contournement et leurs chapelets de grandes surfaces et de centres commerciaux séparés par d’immenses parkings. Dans les centres-villes, c’est le même spectacle de magasins fermés, de baux à céder.
Un phénomène qualifié de « préoccupant » par le récent rapport sur « La revitalisation commerciale des centres-villes », rédigé par l’Inspection générale des finances (IGF) et le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) à la demande du gouvernement. Selon ce rapport, en 2015, plus de la moitié des cœurs des villes moyennes (de 10 000 à 100 000 habitants) avaient un taux de commerces vides supérieur à 10 %, un taux considéré par les experts comme témoignant « d’un déclin structurel de la commercialité du centre-ville ». Mais dans certaines communes, la « vacance commerciale », c’est-à-dire le taux de commerces fermés, atteint des sommets vertigineux, comme à Béziers (24,4 %), Châtellerault (22,5 %) ou Forbach (21,9 %). Seules les villes qui sont en capacité d’attirer une autre population que celle des résidents, notamment les cités touristiques (Aix-en-Provence, Annecy, Beaune, Biarritz, La Rochelle, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Malo…) parviennent à tirer leur épingle du jeu. Les autres sont touchées de plein fouet.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 8 Mai - 14:09

FERMETURE D’USINES EN ARRIÈRE-PLAN

La faute à qui ? Il serait trop facile de désigner les grandes surfaces comme étant la cause unique de ce dépérissement. La situation est bien plus complexe. Elle résulte de la profonde mutation, au cours des trente dernières années, de nos comportements de consommateurs. Le développement fulgurant des médias, de la publicité, des loisirs et de l’automobile a bouleversé nos modes de vie, faisant table rase d’un monde qui semblait pourtant immuable, faute pour celui-ci d’avoir su s’adapter à ces nouvelles attentes. Pour Olivier Razemon, auteur d’un essai au titre provocateur, Comment la France a tué ses villes (1), « le délitement du commerce n’est que le signe le plus visible de la dévitalisation du cœur de nos villes. » Les statistiques de l’Insee montrent en effet que le détricotage du tissu commercial traditionnel des centres-villes s’accompagne d’autres problèmes plus graves : taux de chômage, de logements vacants et de pauvreté élevés, et diminution de la population. « Depuis 50 ans, on a construit la ville hors de la ville, avec une séparation des territoires, des lieux où on est censé acheter, ceux où on dort, ceux où on travaille et ceux où on se distrait », poursuit Olivier Razemon. Les collectivités locales accentuent ce mouvement centrifuge lorsqu’elles délocalisent à la périphérie des villes les services et les équipements publics : collèges, hôpitaux, médiathèques, services administratifs, piscines, etc. Paradoxalement, plus les villes sont sinistrées, plus elles sont suréquipées en grandes surfaces. « À la fin des années 1990, confrontés à la fermeture des usines et à la baisse de la population, les élus locaux ont cédé à un mouvement de panique, explique Pascal Madry, directeur de l’Institut pour la ville et le commerce. Ils se sont laissé séduire par les arguments des enseignes qui leur proposaient de nouveaux équipements, attirés par la perspective de recettes fiscales conséquentes et de créations d’emplois. » D’autant plus qu’ils y voyaient un avantage concurrentiel vis-à-vis des territoires voisins qui risquaient de récupérer l’offre si eux-mêmes la refusaient. Hélas, comme le pouvoir d’achat n’a pas suivi et que la population a continué de décliner, ils n’ont fait que transférer les friches industrielles vers le secteur tertiaire, alors que les centres-villes continuaient à se vider inexorablement.

CERTAINS MAIRES RÉAGISSENT

Dans certains cas, la situation est devenue si critique que les maires eux-mêmes ont pris conscience de l’urgence qu’il y avait à stopper l’hémorragie et à engager une politique de revitalisation de leur centre-ville. Les premières mesures ont été la requalification des espaces publics, la réorganisation de la circulation, la défense du commerce de proximité, etc. Des actions menées en concertation avec les acteurs économiques. « Quand les banques, les assurances, les cabinets d’architecte rachètent les cafés, les brasseries, les bijouteries, les pâtisseries, les rues affichent des rideaux baissés le samedi… On a donc introduit dans le PLU (plan local d’urbanisme) une règle de maintien du caractère artisanal ou commercial pour les cessions de fonds », explique Jean-François Debat, le maire de Bourg-en-Bresse. D’autres villes prennent des mesures plus volontaristes en faisant l’acquisition des surfaces commerciales, afin de contrôler leurs affectations et de proposer des loyers encadrés aux futurs exploitants. À Chessy (77), en région parisienne, le maire, Olivier Bourjot, a ainsi obtenu en quelques années l’ouverture d’une boulangerie, d’un magasin de primeurs, d’une supérette et d’un caviste.
Mais ces initiatives restent limitées et ne pourront, à elles seules, inverser une tendance lourde au niveau national, car l’équation est complexe et les moyens dont disposent les élus sont souvent insuffisants. Créer un cadre de vie plus agréable, aménager les places, faciliter le stationnement et la circulation dans le centre sont des éléments nécessaires, mais ils ne feront pas revenir les commerces et les habitants si toute la politique de la ville n’est pas repensée. C’est au cœur de nos cités, sur les places, dans le lacis des rues que s’est jouée pendant des siècles la vie sociale, au rythme des réunions publiques, des manifestations, des cérémonies religieuses, des foires, des marchés et des discussions du café du commerce. Par-delà la nostalgie, ce sont les fondamentaux de la démocratie et du vivre ensemble qui sont remis en cause par le déclin actuel des centres-villes.
La remise en cause de la politique de la ville et du développement commercial incombe à l’État. Pas sûr qu’il ait pris la mesure du problème. À la suite de la publication du rapport de l’IGF et du CGEDD, la secrétaire d’État au Commerce, Martine Pinville, a annoncé le déblocage d’une somme de… 1 million d’euros pour « soutenir les opérations expérimentales et innovantes de revitalisation commerciale ». Une goutte d’eau dans l’océan des besoins.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 8 Mai - 14:10

DES EXPÉRIMENTATIONS QUI NE SUFFIRONT PAS

De son côté, la Caisse des dépôts, bras armé des pouvoirs publics, multiplie les initiatives. Le 30 mars 2016, elle a lancé un dispositif pour la revitalisation des centres-villes en proposant à plusieurs villes moyennes la signature de la convention « Centres villes de demain », qui met à la disposition des municipalités des moyens financiers (prêts à taux zéro) et logistiques (ingénierie commerciale et urbaine, restructuration du patrimoine public, etc.) pour rénover leur centre. Dix localités volontaires participent à cette expérimentation. Un plan d’action similaire, annoncé à l’automne 2013 par Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre d’alors, a été engagé pour les bourgs de campagne de moins de 5 000 habitants, qui sont souvent le poumon de zones rurales isolées.Une occasion inespérée de mener une réflexion de fond sur la nature et la place d’un bourg rural dans l’aménagement du territoire. Ce « Programme national expérimental en faveur de la revitalisation des centres-bourgs » a ainsi permis à la petite ville de Periers et à la Communauté de Communes Sèves-Taute, dans la Manche, de lancer une opération de rénovation des logements vacants du centre-ville pour accueillir les personnes âgées isolées et les jeunes en quête d’un premier appartement. Un projet propose également de convertir l’ancien cinéma, fermé depuis des années, en centre culturel. Ces initiatives importantes dénotent une volonté politique de traiter le problème, mais elles restent très limitées. Les premiers résultats ne se feront sentir que dans plusieurs années. Pendant ce temps, l’urbanisme commercial continue d’imposer sa loi et les centres-villes de dépérir.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 8 Mai - 14:11

LE VENT TOURNE

Pas étonnant, dans ces conditions, que des citoyens excédés prennent la parole et multiplient les initiatives pour stopper l’extension des zones commerciales. À Saillans (26), bourg de 1 240 habitants, la fronde populaire a réussi à faire plier les grandes enseignes, qui ont abandonné le projet de zone commerciale. À Tournus (71), l’association « Tournugeois vivants » et ses 450 adhérents ont décidé de se battre contre l’implantation d’une nouvelle zone commerciale, portée par le maire, qui pénaliserait fortement le centre-ville. L’association, par l’intermédiaire de deux élus, a interpellé Jean-Michel Baylet sur ce projet. Dans sa réponse, le ministre de l’Aménagement du territoire reconnaît que « ce projet commercial d’envergure comporte un risque important de concurrence avec les commerces du centre-ville alors que la ville a été retenue […] pour la revitalisation d’un centre bourg ! » Une réponse qui met en lumière les contradictions de l’action des pouvoirs publics.
Mais le vent est peut-être en train de tourner. L’avenir des centres commerciaux périurbains n’est plus aussi radieux. « On a ouvert en France 30 millions de mètres carrés de surfaces commerciales entre 2000 et 2010, l’équivalent des trente années précédentes, sans que la consommation suive. Il y a un effet de saturation », remarque Pascal Madry. Le système est en train de se fissurer et les grands acteurs de la distribution ne sont plus à l’abri des retournements de situation. Pour preuve les récentes difficultés du groupe Vivarte, dont les enseignes (André, Kookaï, La Halle, Naf Naf, Pataugas, Chevignon…) ont envahi la périphérie de nos villes. Début janvier, à deux doigts de la faillite, il a été contraint d’envisager un plan social d’urgence avec la fermeture d’une centaine de magasins et le licenciement de plus de mille employés. Or, avec plus de 3 000 magasins en France et 17 000 salariés, le groupe est un poids lourd de la distribution dans les zones commerciales. Sa disparition aurait des conséquences dramatiques pour l’emploi dans de nombreuses communes.
Reste que nous votons aussi avec nos Caddie et que la conscience citoyenne des consommateurs est l’arme la plus sûre pour redonner vie à nos centres-villes. C’est en soutenant toutes les initiatives, privées comme publiques, que nous ramènerons l’activité et l’animation autour de nos places. L’avenir du mode de vie à la française en dépend !

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 8 Mai - 14:15



Les 20 villes précisées sur la carte sont celles qui connaissent la plus forte augmentation de leur taux de vacance commerciale entre 2012 et 2015. Parmi les localités les plus touchées par les fermetures de commerces en 2015 (soit un taux >15 %) on distingue : Béziers (24,4 %), Châtellerault (22,5 %), Forbach (21,9 %), Annonay (21,3 %), Dreux (19 %), Saint-Brieuc (18,9 %), Montélimar (18,4 %), Libourne (16,5 %), Marmande (15,2 %), Saint-Omer (15,2 %).
Source : Institut pour la ville et le commerce, complément mission.



« Chers clients, chère clientes, notre magasin va fermer définitivement. Nous tenons à vous remercier pour ces 15 magnifiques années passées en votre compagnie. Ce fut toujours un plaisir de vous accueillir et de vous conseiller. Nous avons partagé avec vous de bons moments et parfois même des amitiés en sont nées… Sincèrement, votre équipe : Laurence, Nacéra, Nathalie. » Ce petit mot collé sur une vitrine vide sonne comme une épitaphe dans cette rue de Châtellerault (86) aux allures de cimetière. Partout, des rideaux baissés, des fermetures définitives. La raison ?

Des loyers bien trop élevés et, surtout, la concurrence ­exacerbée des centres ­commerciaux qui ceinturent la périphérie : au sud Auchan et Super U, au nord Leclerc… « Châtellerault est suréquipé par rapport à l’offre », reconnaît Jean-Pierre Abelin, le maire de la ville, omettant toutefois de dire que les élus locaux portent leur part de ­responsabilité dans cette situation. La peur de voir la consommation s’évader vers Poitiers ou vers Tours a généré beaucoup d’ouvertures de grandes surfaces, fragilisant d’autant plus les acteurs plus petits du centre-ville. En tout, une soixantaine de commerces ont déjà mis la clé sous la porte ou déménagé dans les centres commerciaux de la périphérie.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Lun 8 Mai - 14:17

Commerces et bâtisses en déshérence

« Autrefois, la rue Bourbon était le meilleur emplacement, ça grouillait de monde, le samedi, on ne pouvait pas circuler, se souvient la patronne du café de L’Espérance, un bar d’habitués à l’atmosphère conviviale. La situation a commencé à se dégrader dans les années 2008-2009 avec la crise. Maintenant, c’est la débandade, les commerces du centre-ville disparaissent à la vitesse TGV. » Nombre d’habitants ont suivi le mouvement, comme en témoignent les vieilles bâtisses à l’abandon désormais squattées par les pigeons. « Les propriétaires laissent tout pourrir », déplore Carole Quilichini, la directrice de la boutique de prêt-à-porter féminin, Kar’elles, le seul magasin qui subsiste dans la rue de l’Arceau. Difficile pour les commerçants qui tiennent encore bon d’échapper à la spirale de la déshérence. Pourtant, Châtellerault ne manque pas d’atouts. Baignée par la Vienne qu’enjambe le pont Henri-IV, coiffé de deux tours, cette paisible sous-préfecture aux hôtels particuliers en tuffeau possède un charme discret. Mais pour retrouver une dynamique, la belle endormie aurait bien besoin d’un petit lifting.
« Le centre-ville doit retrouver son âme »

Depuis quelques années, la municipalité a pris le taureau par les cornes, en concertation avec les acteurs économiques de la ville. La stratégie de revitalisation passe par l’urbanisme : destruction des bâtiments en ruine, ravalement des façades pour lesquelles les propriétaires peuvent obtenir des aides, aménagement de la circulation et du ­stationnement, relocalisation des services publics, les écoles notamment, restructuration du périmètre commercial sur une surface beaucoup moins grande : le boulevard Blossac, la petite place Émile-Zola entièrement restaurée, le marché couvert de la place Dupleix et les rues transversales menant à la Vienne, dont les rives vont être réaménagées en promenade jusqu’à la « Manu » (l’ancienne manufacture d’armes), qui abrite aujourd’hui l’école nationale du cirque et le musée auto moto vélo. Une « manageuse » de centre-ville a été recrutée pour assurer la coordination des actions commerciales, encourager les porteurs d’initiatives ­originales. « Le centre-ville doit retrouver son âme, proposer autre chose que les produits de masse des centres commerciaux », explique-t-elle. Installé depuis un an, sur le boulevard Blossac, Laure Hémon et son mari Yvon proposent une formule de fast-food à base de produits frais et locaux à prix doux. La réussite est au-delà de leurs espérances. La preuve que si l’offre répond à la demande, ça marche !
Reportage Châtellerault
Pour redonner vie au centre-ville, la municipalité de Châtellerault mise sur les commerçants porteurs de projets originaux et la Vienne, dont les rives seront réaménagées.

NOTES


(1) Éditions de l’Échiquier, 2016.

Florence Humbert

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Dim 21 Mai - 0:43


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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Dim 21 Mai - 1:07




Figurant parmi les principales ressources en eau souterraine de la Lorraine, la nappe GTI (grès du Trias inférieur) s’étend du bassin parisien, à l’ouest, au Luxembourg et à l’Allemagne, à l’est. Cette nappe, dite captive, circule entre deux couches de terrains imperméables. Ce qui préserve la qualité de l’eau, protégée de l’impact des activités de surface. Mais son alimentation, qui provient quasi uniquement des eaux de pluie tombant sur sa partie libre, là où les grès affleurent en surface, est très restreinte. Plusieurs milliers d’années sont nécessaires pour que l’eau tombée sur les grès atteigne la zone de Vittel (88). Or, chaque année, son niveau baisse en moyenne de 30 centimètres et pourrait chuter de 4 mètres d’ici à 2050, selon les scénarios d’une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). « Nous sommes ici dans une région de forte exploitation commerciale des eaux »,constate Philipe Vigouroux, hydrogéologue au BRGM. Dès les années 50, l’essor des activités d’embouteillage d’eaux minérales a entraîné la multiplication des forages, en particulier dans le sud-ouest des Vosges (Vittel, Contrexéville, Bulgnéville). Puis, la qualité des eaux de surface utilisées pour couvrir les besoins en eau potable se dégradant, les prélèvements dans la nappe GTI se sont encore intensifiés. Jusqu’aux premiers constats de baisse dans les années 70. Mais cette découverte n’a pas freiné la pression économique pour autant.
Aujourd’hui, la nappe est essentiellement sollicitée par deux entreprises. D’une part, le groupe l’Ermitage, qui se sert de l’eau pour fabriquer des fromages et des ingrédients dérivés (lactosérums). De l’autre, Nestlé Waters, qui embouteille l’eau de la nappe sous la marque Vittel Bonne source vendue à l’étranger, principalement en Allemagne. Le leader mondial de l’eau en bouteilles l’emploie également comme eau de fonctionnement pour son usine. À elles deux, ces entreprises représentent 47 % de l’eau puisée dans la nappe (contre 22 % pour les usages domestiques et associés) et bénéficient d’autorisations préfectorales de prélèvement très généreuses, au grand dam des associations environnementales regroupées dans le collectif Eau88, auquel l’UFC-Que Choisir des Vosges a pris part.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Dim 21 Mai - 1:09

LA POULE AUX EAUX D’OR

« Alors que la nappe GTI perd annuellement de 0,9 à 1,15 million de mètres cubes, Nestlé est autorisé à prélever 1 million de mètres cubes par an. Soit près d’un tiers des prélèvements totaux (3,2 millions de mètres cubes en 2010). Plus surprenant encore, l’Ermitage, qui dépassait largement son autorisation de 438 000 m3 accordée en 1998, a vu sa situation “régularisée” par la préfecture, en 2014, laquelle a rehaussé son quota à 650 000 m! », relate Dominique Piller, président de l’UFC-Que Choisir des Vosges. Une situation qui n’a pas manqué d’alerter le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) du Grand Est, qui vient de s’autosaisir du problème. Dans un projet de rapport que nous nous sommes procuré, il évoque « un contre-exemple flagrant, qui doit motiver les acteurs politiques pour plus d’interventionnisme, car ne faire que constater pendant près de 50 ans que les prélèvements sont supérieurs à la recharge est irresponsable, y compris pour les acteurs économiques ».
 

RÉPARTITION INÉGALE DES EFFORTS

Face à l’hémorragie, l’État décide pourtant, en 2010, la mise en place d’un schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage), dont l’élaboration est confiée à une commission locale de l’eau (CLE), chargée de trouver des solutions pour combler le déficit de la nappe. Mais, en 2016, les scénarios présentés par la CLE provoquent la consternation des associations. La stratégie retenue par la CLE consiste à privilégier l’usage industriel en faisant peser le poids des économies d’eau sur les usagers. Pour couvrir les besoins des collectivités locales, le Sage envisage en effet des transferts d’eau de territoires voisins, situés à une vingtaine de kilomètres. En épargnant tout ou partie des quotas d’eau des industriels. Autre grief : le financement de ces investissements devrait être quasi exclusivement public. Un coût estimé entre 12 et 18 millions d’euros, selon le rapport du Ceser, qui constate que « l’on se réfugie trop rapidement vers la solution la plus simple : pomper l’eau “chez les voisins” à grand renfort de financements publics sans appréhender complètement les solutions locales ».

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Dim 21 Mai - 1:09

PRESSION SUR L’EMPLOI ?

« Une telle tolérance vis-à-vis des industriels n’est pas étrangère au poids économique des entreprises », estime Jean-François Fleck, président de Vosges nature environnement, qui n’hésite pas à parler de pression économique. On peut ainsi lire dans un rapport émis par le BRGM, en 2014, que « la position de Nestlé Waters est de dire que s’ils sont limités en production, ils risquent de passer sous un seuil critique de rentabilité qui les obligerait à abandonner l’ensemble de la production de cette marque ». Même son de cloche du côté de l’Ermitage, dont le directeur général, Jean-Charles Le Squeren, juge « déraisonnable d’imposer une limite d’utilisation d’eau potable à la fromagerie de l’Ermitage sauf à prendre simultanément la responsabilité d’en limiter la taille et ainsi d’oublier les contraintes globales de l’économie de marché ». À noter que la hausse de production de Nestlé Waters Vosges n’a pas empêché la diminution des effectifs, passés de 1 350 salariés en 2010 à 950 en 2016. Mais la menace sur l’emploi n’en est pas moins palpable dans la région, où « tout le monde a un proche ou un cousin qui travaille pour ces industriels », reconnaît un habitant.
Ce à quoi s’ajoutent des contraintes réglementaires liées aux eaux minérales. « L’eau Bonne source est soumise à un règlement très spécifique, qui lie l’embouteillage à une source définie. La substitution semble donc délicate, constate l’hydrogéologue Philippe Vigouroux. Cela n’empêche pas Nestlé d’utiliser d’autres sources d’eau, souterraine ou non, pour son procédé industriel. »
 

SOUPÇONS DE CORRUPTION

L’impartialité de la commission de l’eau a aussi été remise en cause par des soupçons de conflits d’intérêts pesant sur son bureau, et en particulier sur son ex-présidente, Claudie Pruvost. Mariée à un directeur en recherche et développement chez Nestlé, la conseillère avait fait l’objet d’un signalement de l’association anticorruption Anticor au procureur de la République en novembre 2016. Si l’affaire est en cours d’instruction, la principale intéressée a, depuis, été remplacée à la tête de la CLE, qui a également mis en place des instances de concertation ouvertes aux associations. De leur côté, les entreprises annoncent des mesures illustrant leurs efforts. En 2016, la fromagerie Ermitage déclare n’avoir utilisé que 519 000 m3 d’eau de la Bonne source contre 620 000 m3 en 2010, tout en invoquant des exigences sanitaires qui lui imposent l’emploi d’eau potable pour certains de ses procédés de fabrication. Nestlé Waters met aussi en avant une politique d’économie qu’elle qualifie de « volontariste », avec un objectif de prélèvement pour 2017 de 750 000 m3, soit 25 % de moins que son autorisation. Un « effort » qu’elle devrait compenser par au moins une autorisation de forages supplémentaire dans la nappe d’où sont déjà extraites Contrex et Vittel Grande source. L’année 2017 va être consacrée à explorer des solutions en concertation avec les usagers et citoyens, promet-on du côté de la CLE. L’enjeu est de taille et il faudra certainement bien des discussions animées pour parvenir à un accord équilibré.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Dim 21 Mai - 1:10

Dominique Piller, président de l’UFC-Que Choisir des Vosges
« La ressource en eau est un bien commun. La priorité doit rester de satisfaire aux besoins d’alimentation en eau potable des habitants avant de répondre aux besoins de l’économie et du commerce. Les industriels doivent faire un réel effort de réduction de leurs prélèvements. »

Marie-Noëlle Delaby

mndelaby@quechoisir.org

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Mer 24 Mai - 19:31



CONSEILS PRATIQUES

Pour surfer vers de vraies économies


  • Distinguez les annonces faites par les hôteliers des liens naturels de Google. Les résultats commerciaux issus du programme Adwords sont signalés par un mince filet vert sur fond blanc. Cette distinction est ­volontairement discrète pour dissimuler le fait qu’il s’agit d’annonces payantes.

  • Dans ces annonces, méfiez-vous en particulier des liens mentionnant ­d’importantes promotions (« Hôtel Grand Large Promo - 50 % ») ou des adresses url bizarres (www.h-rez.hotelgrand­large.com ou www.hotelgrandlarge.rez).

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  • Vous pouvez également passer par des centrales de réservation alternatives (Pilgo.com, 



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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Sam 27 Mai - 23:06

https://www.quechoisir.org/enquete-reservation-sur-internet-les-hoteliers-pris-en-otage-n43188/?utm_medium=email&utm_source=nlh&utm_campaign=nlh170524
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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Ven 30 Juin - 15:00



Si vous passez vos vacances en Bretagne, impossible de le rater. Le logo jaune et bleu de la marque « Produit en Bretagne » (un phare illuminant la péninsule armoricaine) tient la vedette en tête de gondole dans toutes les grandes surfaces. Il s’affiche aussi bien sur les crêpes, les boîtes de sardines ou le sel de Guérande que sur les shampooings et les gels douche. Plus de 4 000 produits bénéficient de cette marque ombrelle (terme désignant une marque qui fait bénéficier de sa notoriété un ensemble de produits hétérogènes), la première à avoir exploité le filon marketing de l’ancrage local.
Cette réussite spectaculaire a fait des envieux un peu partout dans l’Hexagone. Une vingtaine de marques territoriales ont ainsi vu le jour, de Saveurs en’Or (Hauts-de-France) à Sud de France, en passant par Made in Jura ou Produit en Poitou-Charentes, etc. Le plus souvent avec le soutien des collectivités locales, qui y ont vu un moyen d’agir sur le développement économique de la région. Ces bannières territoriales fédèrent des entreprises (agriculteurs, artisans, transformateurs, industriels de l’agroalimentaire, etc.) qui mutualisent ainsi la promotion de leur production, sous couvert de mettre l’accent sur les savoir-faire de leur région. Du pain bénit pour la grande distribution, qui s’est empressée de soutenir l’initiative et de mettre en avant ces nouveaux vecteurs de vente dans ses rayons. Si certaines, comme Sud de France (voir encadré), ont connu un succès comparable à celui de « Produit en Bretagne », d’autres sont à la peine. Et pour cause, toutes les régions n’offrent pas la même image valorisante aux yeux du grand public.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Ven 30 Juin - 15:01

RÉPONDRE À L’ATTENTE DES CONSOMMATEURS

« Une marque, c’est d’abord un outil de communication »,rappelle Olivier Beucherie, enseignant en marketing stratégique agroalimentaire à l’École supérieure d’agriculture d’Angers. Pour s’imposer dans le paysage très encombré des marques nationales ou de distributeurs et des labels officiels, ces bannières territoriales doivent dès lors s’appuyer sur une caractéristique forte associée à la région qu’elles soutiennent : l’identité bretonne, la gastronomie alsacienne ou la douceur de vivre des pays méditerranéens, par exemple. Autant de valeurs qui collent à l’air du temps et qui répondent à une attente des consommateurs. En perte de repères et d’identité face à la mondialisation, ces derniers cherchent en effet à compenser ce « vide » à travers des « produits de terroir ». Les marques territoriales vont donc jouer sur plusieurs leviers : l’authenticité et la qualité des produits, garanties par la proximité des sites de production, le soutien économique et la défense de l’emploi local, le développement durable ou la mise en valeur des savoir-faire.

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MessageSujet: Re: ENQUÊTE /QUE CHOISIR    Ven 30 Juin - 15:02

DES CAHIERS DES CHARGES FLOUS

Mais gare au miroir aux alouettes. Les marques territoriales n’ont pas de caractère officiel. À la différence des signes officiels d’origine et de qualité – Label rouge, AB, Appellations d’origine (AOC/AOP et IGP) dont les caractéristiques sont définies et encadrées par l’État –, elles sont libres de choisir les critères de leur cahier des charges et les valeurs sur lesquelles elles souhaitent communiquer. À condition de ne pas induire en erreur le consommateur par des mentions trompeuses. Tout dépend alors de l’angle de communication choisi. Ainsi, pour « Produit en Bretagne », la promesse est : « Vous soutenez l’activité de la région. » D’autres marques mettent en avant les qualités organoleptiques de leurs produits, comme Bienvenue en Gourmandie (Normandie) ou la marque Auvergne-Rhône-Alpes, qui a pour slogan « La région du goût » alors que d’autres, telle « Mangeons local en Île-de-France » (soutenue par le Cervia (1) Paris-Île-de-France), communiquent sur les circuits courts et la proximité. Difficile de trouver un dénominateur commun à toutes ces stratégies. Et surtout, comment faire la part du « vrai » et du marketing ? Dans la pratique, chaque marque met le curseur où elle veut, c’est-à-dire là où les initiateurs de la démarche trouvent leur intérêt ! Lorsque des grou­pements d’agriculteurs sont à l’origine de la marque, par exemple Saveurs du Périgord ou Qualité Landes, la matière première doit être 100 % locale et strictement contrôlée. En revanche, si c’est l’industrie agroalimentaire qui est aux manettes, elle sera bien moins sourcilleuse sur ce critère. Ainsi, dans le cas de « Produit en Bretagne », l’utilisation de matières premières étrangères n’est pas systématiquement proscrite : tout dépend de la disponibilité de la ressource. Si les pêcheries bretonnes ne fournissent pas assez de sardines ou de thon germon aux conserveries labellisées, rien ne les empêchera de se fournir en Espagne ou au Maghreb. « Nous sommes dans une logique de savoir-faire plutôt que de terroir », précise Malo Bouëssel du Bourg, directeur général de la marque.
Il est vrai que de nombreux produits artisanaux intègrent des ingrédients venus d’ailleurs, tout en étant le reflet d’un savoir-faire local. Il faut donc trouver un cadre permettant de les valoriser de manière cohérente pour le consommateur. Certaines marques régionales font un véritable effort de transparence. Les produits portant les couleurs de « La région du goût » se déclinent sous deux mentions : « Produit d’ici », pour le 100 % local (produits bruts ou transformés), et « Fabriqué ici », pour les produits mêlant des ingrédients locaux avec d’autres composants (chocolat, vanille, etc.).
Face à une telle diversité de critères, quelle confiance accorder aux chartes de bonnes pratiques que signent les adhérents de ces labels régionaux ? « Ils ont tout intérêt à contrôler le respect des engagements. Il en va de leur crédibilité, estime Olivier Beucherie. Les marques régionales doivent être en mesure de s’expliquer si les consommateurs ou les médias les interrogent sur le contenu de leur cahier des charges. Les marques qui ne sont pas sérieuses ne durent pas. » Raison supplémentaire pour ne pas leur faire confiance les yeux fermés.

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